Le FinOps, ou la culture de l’optimisation des coûts liés au cloud

Avec une maturité des services cloud en forte hausse, une dépense globale pour les services de cloud public prévue pour dépasser les 500 milliards de dollars en 2023, l’optimisation des coûts liés au cloud devient un enjeu de plus en plus important.

Cela s’est traduit par l’émergence de nouvelles pratiques, regroupées sous le terme FinOps, à l’intersection entre la finance, l’analyse et les opérations.

Qu’est-ce que le FinOps ?

Le but de la culture FinOps est tout d’abord de permettre à une organisation de comprendre ses coûts liés au cloud. Cette compréhension va lui permettre à la fois de travailler à l’optimisation et à la réduction de ces coûts, ainsi que d’éclairer les décisions qui impliquent un compromis entre les opérations et la finance.

Cela va se traduire en pratique par l’établissement d’indicateurs de performance sur la ventilation des coûts liés au cloud : par service, business unit, environnement, etc., ainsi qu’un diagnostic de la consommation de l’entreprise basé sur ces indicateurs.

Ce diagnostic servira de point de départ à la mise en place de solutions techniques qui tiennent compte des impératifs fonctionnels et business de l’organisation.

Au sein d’une entreprise, la mise en place d’une culture FinOps est un processus itératif et continu, et sa réussite dépend plus d’une compréhension des besoins opérationnels et des outils du cloud que de l’application stricte de mesures prédéfinies.

Mettre en place des pratiques FinOps

La culture FinOps se base sur une itération sur trois secteurs : l’information, l’optimisation et l’opération.

L’information : comprendre et analyser ses coûts

La phase d’information vise cinq objectifs : visibilité, allocation, analyse comparative, établissement d’un budget et prévision.

L’utilisation du cloud induit des notions de flexibilité, de paiement à la demande qui complique l’utilisation d’outils financiers « classiques » : la culture FinOps essaye d’y remédier.

Le contrôle des ressources et une surveillance précise via un système de tags ou de découpage par services permet d’avoir une vue au plus proche des opérations et de donner le plus haut niveau de visibilité aux parties prenantes business et financières.

L’analyse comparative entre les différentes équipes et services permet de mettre en place des indicateurs et d’augmenter la performance de l’organisation dans son ensemble. Cela permet d'inclure les pratiques FinOps dans la logique business de votre organisation.

 

L’optimisation : prendre des décisions éclairées et gérer au plus près ses besoins

Une fois que l’organisation dispose d’assez d’informations, elle peut définir des objectifs de réduction de ses coûts liés au cloud.

Les pratiques FinOps permettent de mieux comprendre l’utilisation des ressources cloud de l’organisation, puis de réduire ses coûts en s’engageant à l’avance sur la réservation de ressources, plutôt que d’utiliser les ressources à la demande, plus onéreuses.

Le diagnostic des pratiques de consommation et l’analyse comparative permettent aussi de déceler les secteurs dans lesquels l’impact d’un redimensionnement de l’infrastructure nécessaire peut être le plus fort.

 

L’opération : faire converger la finance, les opérations et la gouvernance

La culture FinOps se base sur la communication transversale au sein d'une organisation, étayée par des informations factuelles précises.

Le lancement de mesures d’optimisation chiffrées permet d’établir une évaluation continue des objectifs établis, sur la base des indicateurs remontés durant la phase d'information.

Cette évaluation permet d’initier des discussions avec les acteurs de la finance, des opérations et de la gouvernance pour intégrer ces problématiques à la structure même de l’organisation, comme par exemple en créant un organe transverse dédié à ces problématiques (Cloud Cost Center of Excellence - CCoE).

La culture FinOps se place alors à la convergence de tous ces acteurs, et permet d'aligner leurs objectifs.

Comment réduire ses coûts liés au cloud ?

réduire ses coûts liés au cloud

En maîtrisant ses outils :

Les outils cloud ont des structures de tarification complexes, centrées autour des deux variables de performance et de délai de disponibilité des ressources. Pour être capable de réduire ses coûts, il faut connaître ces structures de coût, et les croiser avec les besoins opérationnels (IaaS, PaaS).

La mise en place de pratiques FinOps implique une expertise portant sur tous les services clouds correspondant aux besoins opérationnels.

 

En mettant en place une gouvernance cloud :

Des bonnes pratiques décidées au niveau de l’entreprise permettent un premier pas dans la culture FinOps sans accroître les risques. En premier lieu, la rationalisation de l’utilisation des ressources (espace de stockage, délai et volume des sauvegardes, …) permet d’obtenir des premiers résultats.

La pondération des différences de prix entre les cloud providers avec les besoins opérationnels et les risques posés par l’optimisation du code pour un cloud provider en particulier (cloud vendor lock-in) peut aussi représenter un facteur d’optimisation implémentable au niveau de l’organisation.

 

En mettant en place des indicateurs de performance

L’information est le nerf de la culture FinOps. On va chercher à comprendre exactement qui dépense combien, et pour quel service.

Cette information est accessible via l’utilisation systématique de « Tag » des ressources utilisées, et la surveillance de l’utilisation des ressources par service, projet, business unit, etc.

 

En dimensionnant ses infrastructures au plus près de ses besoins

Les dépenses inutiles liées au cloud (cloud waste) s’élèveraient à 14 milliards de dollars en 2019. Ces dépenses peuvent être grandement réduites de deux façons, qui constituent le coeur des mesures opérationnelles FinOps :

  • D’abord, s’assurant que la taille des ressources correspond aux besoins opérationnels. Une ressource prise une taille au-dessus du nécessaire coûte deux fois plus cher.
  • Ensuite, en s’assurant que toutes les ressources provisionnées sont effectivement utilisées. Par exemple, des ressources qui seront utilisées uniquement en production, mais provisionnées aussi sur les environnements de développement et de staging.

 

En évaluant à l’avance ses besoins

Le fait d’avoir de la visibilité sur ses besoins permet d’utiliser des ressources réservées, qui peuvent coûter significativement moins cher (jusqu’à quatre fois moins cher – en théorie - chez certains cloud providers) que les ressources déployées à la demande.

Cette partie peut être assistée par des outils de gestion des coûts sur le cloud (Cloud cost management software), qui peuvent être proposés par le cloud provider ou par des entreprises tierces.

 

En développant des applications prévues pour le cloud

Le développement d’applications serverless nécessite des compétences particulières, mais a un impact non négligeable sur le coût final de l’application.

Garder en tête les enjeux du cloud lors du développement permet aussi d’intégrer des fonctions de gestion de l’allocation des ressources (horizontal scaling).

+ Petit plus vert

Pour ajouter à la liste des bénéfices de la culture FinOps, il est important de noter qu’à la réduction des coûts correspond aussi une réduction de la consommation d’énergie associée au cloud (plus de 2% de la consommation mondiale) et donc de l’empreinte carbone de votre organisation.

Les pratiques FinOps sont donc aussi un point de convergence avec une politique RSE ! 🌿

 

 

Pour résumer, le FinOps est une culture à l’intersection de la finance, des opérations et de la gouvernance, qui se base sur l’information et la maîtrise des outils du cloud pour optimiser les coûts liés aux opérations.

La culture FinOps mène à une baisse des coûts liés au cloud, mais aussi à l’utilisation plus efficace des services du cloud, et à une communication plus fluide et factuelle entre les stakeholders opérationnels et financiers. Participer au meetup FinOps le 3 Mars 2020

Lucas Terquem

Lucas Terquem

Lucas est Coach Agile DevOps chez Padok. Il accompagne nos équipes d'Ops. Il est passionné de nouvelles technologies, de sports de glisse et de voyages.

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